Changement de lieu de travail

Affecter un salarié en Chine dans une autre ville : consentement, refus et options de l’employeur

Le siège décide de regrouper une équipe en Chine dans une autre ville et demande aux RH d’émettre des avis de mutation. Certains salariés indiquent qu’ils ne peuvent pas déménager. L’employeur doit d’abord déterminer si l’organisation proposée relève du contrat de travail existant ou le modifie. Une approbation opérationnelle, un salaire inchangé et une aide au déménagement ne suffisent pas, à eux seuls, à répondre à cette question ni à établir un motif de licenciement.

1. Distinguer le lieu de travail, les fonctions et l’entité employeur

L’article 17 de la Loi de la République populaire de Chine sur le contrat de travail fait du contenu du travail et du lieu de travail des mentions obligatoires du contrat. Examinez ensemble le contrat signé, les avenants et les modalités de travail effectivement appliquées. Identifiez la ville et le site actuels, le lieu proposé, le caractère temporaire ou permanent du changement, ainsi que toute modification des fonctions, des horaires, du rattachement hiérarchique ou de la rémunération. Distinguez un véritable déplacement professionnel d’un changement durable de lieu de travail ; la qualification employée dans le courriel d’un responsable à l’étranger n’est pas déterminante.

Vérifiez quelle entité demeure l’employeur. Un changement de lieu au sein de la même personne morale se distingue du transfert de la relation de travail à une autre société du groupe. Un organigramme du groupe ne remplace pas les documents réglant l’identité du nouvel employeur, les droits acquis et la continuité de l’ancienneté. Ne demandez pas à un salarié de démissionner puis d’être réembauché dans le seul but de faciliter le transfert administratif ; déterminez le montage juridique avant de modifier le paiement des salaires ou la partie au contrat.

2. Examiner l’autorisation contractuelle au regard des conséquences réelles

Une clause de mobilité large constitue un point de départ pour l’examen, mais non une autorisation générale d’imposer tout changement de lieu. Les articles 3 et 29 exigent une conclusion du contrat conforme à la loi et de bonne foi, ainsi que l’exécution des obligations convenues. Examinez le libellé et la portée convenue de la clause, la réalité du motif opérationnel, l’exécution passée du contrat et les contraintes liées au changement proposé. Un avocat en droit du travail devrait évaluer l’approche locale applicable avant que l’entreprise ne se fonde sur la seule clause.

Établissez un comparatif des temps de trajet, des transports, du logement, des horaires de travail, des fonctions et de la rémunération totale. Demandez aux salariés d’exposer leurs contraintes pratiques et examinez les solutions adaptées, comme un autre site ou une transition formalisée par écrit. Une aide au transport ou au logement peut alléger les contraintes, mais le versement d’une allocation ne démontre pas automatiquement le consentement ni la légalité. Le franchissement d’une limite administrative de ville, le maintien de l’intitulé du poste ou celui du salaire de base ne constituent pas, à eux seuls, un examen juridique complet.

3. Clarifier la modification proposée et la réponse du salarié

Pour modifier les conditions convenues, l’article 35 prévoit un accord mutuel et un écrit, dont chaque partie conserve un exemplaire. Précisez le nouveau lieu de travail, la date de prise d’effet, la durée, les fonctions et les modalités de rémunération ou de soutien, ainsi que ce qui est prévu à la fin d’un arrangement temporaire. Vérifiez qui est habilité à signer pour l’employeur en Chine. Veillez à la cohérence entre le texte chinois et toute version anglaise utilisée par le siège.

Fournissez au salarié suffisamment d’informations pour répondre, consignez les questions et les solutions alternatives, et distinguez la réception d’un avis de l’acceptation de la modification proposée. Une signature attestant la réception ne vaut pas nécessairement accord. Pendant les discussions, précisez où le travail doit être effectué et comment les fonctions et la rémunération se poursuivent ; les consignes de présence et les accès aux systèmes doivent rester cohérents avec la position exprimée par l’entreprise.

L’article 43 de l’Interprétation (I) de la Cour populaire suprême sur les questions d’application du droit dans le jugement des litiges du travail vise une modification orale convenue d’un commun accord, effectivement exécutée pendant plus d’un mois, dont le contenu ne contrevient ni aux lois et règlements administratifs ni à l’ordre public et aux bonnes mœurs. Dans cette situation, l’absence d’écrit ne suffit pas à invalider la modification. Cette règle ne signifie pas qu’un mois de silence autorise automatiquement un changement de lieu de travail. Conservez les preuves de l’accord, de son exécution et des objections ; une confirmation écrite reste la solution à privilégier en pratique.

4. Un refus exige une décision distincte et n’entraîne pas automatiquement un licenciement

Si le salarié refuse, identifiez le motif de son refus et vérifiez si l’instruction elle-même est légale et fondée sur le contrat. Ne qualifiez pas automatiquement le refus de démission ou de manquement grave. Si l’entreprise envisage d’appliquer l’article 39(2), examinez les règles valablement établies et portées à la connaissance du salarié, les faits et la gravité du manquement allégué, ainsi que les explications du salarié. L’article 44 de l’Interprétation (I) fait peser sur l’employeur la charge de la preuve dans les litiges résultant de ses décisions de licenciement.

L’article 40(3) constitue une voie distincte : une modification majeure des circonstances objectives sur lesquelles reposait le contrat doit rendre son exécution impossible, et la concertation doit avoir échoué à aboutir à un accord sur sa modification. Une décision de regroupement ou l’échec des négociations sur un changement de lieu ne prouvent pas, à eux seuls, que toutes ces conditions sont réunies. Conservez les éléments expliquant pourquoi l’organisation initiale ne peut se poursuivre, les solutions alternatives réellement proposées et les réponses du salarié.

Avant d’invoquer l’article 40, vérifiez les protections prévues par l’article 42, notamment les périodes protégées de traitement médical applicables, la grossesse, la maternité et l’allaitement, les accidents du travail ou maladies professionnelles, ainsi que les autres situations protégées. Si cette voie de licenciement est ouverte, l’article 40 exige une notification écrite au salarié 30 jours à l’avance ou le versement d’un mois de salaire supplémentaire ; l’article 46 impose séparément une indemnité légale de licenciement, calculée selon l’article 47. Vérifiez, s’il y a lieu, l’obligation d’informer préalablement le syndicat prévue à l’article 43. Il s’agit de conditions de licenciement, et non d’une autorisation générale de changer la ville de travail d’un salarié avec un préavis de 30 jours.

5. Choisir la démarche sur la base d’un dossier complet de changement de lieu

Constituez un dossier de décision unique comprenant le contrat et la clause de mobilité, les documents relatifs à l’activité et aux sites, le comparatif des anciennes et nouvelles conditions, les propositions écrites, les coûts des aides, les preuves de remise des documents, les réponses des salariés, les vérifications des situations protégées et les arrangements transitoires convenus. Lorsqu’une opération concerne un ensemble plus large de salariés, examinez séparément la procédure collective ; cette analyse individuelle ne remplace pas l’examen d’un licenciement économique au titre de l’article 41.

Le dossier doit étayer une démarche cohérente : poursuite de l’exécution dans le cadre des conditions existantes licites, modification convenue, départ négocié ou licenciement juridiquement fondé. Consignez l’auteur réel de l’initiative et le fondement des paiements de tout accord de départ. Un licenciement dépourvu de fondement suffisant peut ouvrir droit à la poursuite de l’exécution du contrat au titre de l’article 48 ou à l’indemnisation prévue à l’article 87 ; une aide au déménagement ou une indemnité tenant lieu de préavis ne remédie pas à l’absence de motif. Pour engager une consultation, fournissez d’abord un aperçu non confidentiel des deux lieux, de l’employeur, de la date envisagée et de la réponse du salarié, puis convenez d’un examen sécurisé des documents du personnel.

Sources juridiques

Sources officielles · Vérifiées le 2026-10-03. Les traductions sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas des textes juridiques officiels.

Informations générales sur la Chine continentale. Les faits, les dates applicables et les règles locales nécessitent un examen individuel.

Jianxing Pan
Jianxing Pan

Associé de Beijing ChangAn Law Firm
Habilité à exercer en Chine depuis 2019 · Beijing et Shenzhen

Examiner un changement de lieu de travail en Chine avant d’émettre l’avis

Évaluez la clause relative au lieu de travail, les conséquences pour le salarié, le processus de recherche d’un accord et les options disponibles avant de décider d’un changement de lieu ou d’un licenciement.

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